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[Chronique Série #1] True Detective par HBO, 2014 : un chef d’oeuvre

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En recherche constante de nouvelles séries qui sortent de l’ordinaire, j’ai récemment jeté mon dévolu sur True Detective. J’étais lassé des séries à rallonge qui s’endorment sur leur succès, ou des nouvelles séries qui essayent de revendre d’anciens concepts à un public plus jeune qui ne les ont pas connus (hommage à The 100). Avec True Detective, on peut dire que j’ai pu goûter à du vrai renouveau, comme ça m’arrive au mieux qu’une fois par an. Une série avec des acteurs de cinéma, qui se regarde comme une aventure sans concessions dont on comprend que le réalisateur a eu suffisamment de courage pour sortir des sentiers battus.

Commençons par un rapide résumé sans spoilers. Ensuite nous allons parler de l’univers de la série, sa réalisation et son casting. Puis l’accueil, que ce soit le mien, celui de la critique et les audiences.

L’histoire de True Detective est principalement la relation entre deux enquêteurs à deux temps donnés. Dès le début de la saison ces deux enquêteurs : Rust Cohle joué par Matthew McConaughey et Martin Hart par Woody Harrelson, sont interrogés séparément par deux policiers sur une enquête vieille de 10 ans. On comprend très vite que cette enquête a bouleversé leur vie, nous allons la découvrir au fur et à mesure de l’interrogatoire. C’est l’histoire d’une jeune fille retrouvée morte dans ce qui ressemble à un rythme satanique, les deux inspecteurs expliquent point par point comment ils avaient résolu l’affaire. Cependant, ils vont comprendre les raisons de cette convocation, un nouveau meurtre similaire a été commis et ils vont reprendre la route pour l’élucider bien qu’ils ne soient plus en fonction.

True Detective est sorti en janvier 2014, c’est une série signée HBO qui nous a déjà offert de très bonnes séries comme Boardwalk Empire, Oz et Game Of Thrones. Cette série a la particularité d’être une série dont les saisons n’auront pas de liens à part la trame de fond, qui est : deux policiers menant une enquête. Les acteurs et les lieux vont  changer, ce type de série appelé anthologie est assez rare surtout en ce moment où on cherche à fidéliser au maximum le public en évitant les renversements (notamment en ne faisant pas mourir les acteurs même quand la série s’arrête).
Cette série réalisée par Nic Pizzolatto (qui signe ici sa première série) se regarde comme un film en 8 épisodes. Chaque épisode d’une heure est le théâtre d’une réalisation soignée, très sombre et qui fait plus penser à un long métrage qu’à une œuvre produit pour le petit écran. L’ambiance s’installe très rapidement et rend l’histoire si réaliste qu’on a l’impression d’être dans la salle d’interrogatoire.

La réussite de la série repose beaucoup sur le choix de ses acteurs. En effet, au lieu de s’orienter vers des nouveaux talents ou des acteurs habitués aux séries, la production a fait le choix de se porter vers des acteurs de cinéma. Le format de la série a rendu possible cette décision, elle repose en très grande partie sur les deux enquêteurs principaux, il fallait donc tout miser sur ces personnages qui sont souvent seuls à l’écran. Le rôle de Rust est interprété tel un virtuose par Matthew McConaughey (qui a joué dans Le Loup de Wall Street récemment), il arrive parfaitement à représenter les failles de ce personnage torturé et méthodique qui plongera dans la boisson. Le rôle du flic bourru, dragueur, mais déterminé est, quant à lui, campé par Woody Harrelson (qu’on a pu voir dans Hunger Games et Insaisissables). La relation et les dialogues entre les deux personnages sont juste magnifiques et très bien assistés par les personnages secondaires. On comprend donc que l’argument qui semblait uniquement marketing de série avec des acteurs de cinéma, était indispensable à la réussite de la série.

Pour moi, la série frôle le chef d’œuvre grâce à son scénario qui sort de l’ordinaire, mais aussi grâce à sa construction : se concentrer sur un duo l’espace d’une saison. L’avantage de ce format est de pouvoir totalement renouveler intégralement la série chaque saison. C’est un risque supplémentaire, car la production ne peut pas se reposer sur ses lauriers de saisons en saison et doit constamment recréer des personnages. La saison a connu un énorme succès critique, au point que la presse la sanctuarise presque déjà comme meilleure série de l’année enterrant les espoirs des séries qui vont naître dans les 11 prochains mois. Le final de la série a atteint les 3,5 millions de téléspectateurs (la saison 1 de Game Of Throne en comparaison était à 2,5 millions en moyenne) notamment grâce à la très bonne presse recueillie sur le web. Certains vont jusqu’à penser que « le format hybride de mini-série d’anthologie choisie par Pizzolatto annonce un possible changement dans le domaine des séries télévisées dramatiques« . Et ça ne serait pas pour me déplaire !

Même la photographie survole le monde télévisuelle

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À propos de l'auteur

Moody

Rédacteur sur WS j’ai eu la chance de signer des interviews et des articles appréciés de la communauté. J’ai décidé de participer à NextWarez pour partager mes coups de coeurs logiciels, sites, hardware mais aussi des articles et interviews