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Les débrideurs et les seedbox vivent-ils leurs dernières heures ?

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Services essentiels dans le warez, les débrideurs et les seedbox vivent-ils leurs dernières heures ? Comme les hébergeurs de fichiers avant eux, ces prestataires se voient couper leurs comptes bancaires (compte VAD, pour Vente à Distance), un coup dur qui annonce une zone de turbulences. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, une commission d’enquête européenne serait en cours.

Des services « à la limite » face à de puissants lobbys

La première question à se poser concerne la légalité de ces services. Dans les faits, ce sont des outils neutres, mais néanmoins largement exploités à des fins illicites. C’est pour cette raison que ces entreprises sont immatriculées en France et parfaitement en règle. Légales certes, mais elles s’attirent quand même les foudres des ayants-droits. Ces ayants-droits, organisés en lobby, ont trouvé un allié de taille dans leur bataille pour le copyright : les prestataires de paiement.

2015 fut une année compliquée pour les hébergeurs de fichiers type Uptobox, Uploaded ou encore Mega. Sous la pression de VISA et Mastercard, ils se sont vu couper leurs comptes bancaires. Pourtant ces services sont protégés par le statut d’hébergeur ce qui les rend légalement non-responsables des contenus hébergés sur leurs serveurs (tant qu’ils les suppriment en cas de requête). Paypal a fermé le compte de Mega, alors que Paypal lui-même reconnaît ne rien avoir à leur reprocher. Mais il est impossible pour une banque (en ligne ou traditionnelle) de se mettre à dos un mastodonte comme VISA ou Mastercard.

Uptobox.com hebergeur

Uptobox, leader français du domaine, a fait ses adieux à ses comptes bancaires en 2015 (lui qui avait déjà eu son compte Paypal et Adsense coupé en 2012). A l’époque, l’administrateur s’était exprimé sur l’affaire (voir ci-dessous). Depuis, Uptobox navigue de solutions de paiement à une autre pour pouvoir continuer à proposer le règlement en carte bleue. Un calvaire qui, jusqu’à aujourd’hui, concernait uniquement les hébergeurs de fichiers (notamment 1fichier le deuxième prestataire français).

« Nos prestataires de paiement ont reçu un avertissement de la part de Visa et de Mastercard, pour leur demander d’arrêter d’accepter des paiements par carte de crédit pour notre service, sous peine de sanctions financières. Ces mesures sont le résultat d’une pression des studios de cinéma sur Visa et Mastercard »

Un prestataire seedbox et débrideur français sous pression

Xtrem Developpement est une entreprise populaire chez les internautes français, même s’ils en ignorent souvent le nom. Cette PME est derrière Mega-Debrid (un débrideur populaire) et Cessfull (une seedbox dans le Cloud innovante créée en 2015). La semaine dernière, son dirigeant s’est vu notifier par sa banque, le Crédit Agricole, la fermeture prochaine de son compte VAD (qui lui permet de facturer ses clients débrideurs et seedbox). Comme pour les filehosteurs avant eux, la rupture découle de pressions émanant de VISA et Mastercard qui menacent de mettre une amende à leur banque. Le préavis laisse 3 mois à l’entreprise avant la fermeture du compte, le temps pour son administrateur de trouver des solutions de repli à l’image des hébergeurs de fichiers. Néanmoins, Uptobox nous confie qu’au bout d’un an il devient de plus en plus difficile de trouver des alternatives et qu’ils s’apprêtent à tirer un trait sur le règlement par carte bancaire.

Cessfull.com review

Cessfull, la seedbox Xtrem Developpement que nous avions testée.

Mais pourquoi s’en prendre à l’un des plus petits prestataires français, plutôt qu’à des services comme All-Debrid, Seedbox.fr ou Real-Debrid ? L’avocat des intéressés considère ce choix comme non anodin, en s’attaquant au plus petit prestataire avec un compte VAD (les autres petits prestataires utilisent exclusivement Paypal), VISA/Mastercard réalise un « test grandeur nature » avant de s’attaquer aux mastodontes du secteur. La logique voudrait que tout le secteur se réunisse pour aider Xtrem Developpement dans sa défense afin d’ obtenir une jurisprudence favorable. Malheureusement l’administrateur de MegaDebrid/Cessfull nous confie que, pour le moment, ses pairs attendent d’être touchés personnellement pour intervenir.

VISA et Mastercard accusent Xtream Developpement de fournir des fichiers sous copyright à leurs clients. Une confusion puisqu’ils se contentent de permettre à leurs clients de faire transiter le contenu de leur choix sur leurs serveurs. Reste qu’il va être difficile de faire entendre raison aux entreprises américaines, d’où l’importance de porter l’affaire en justice. Fait surprenant, Paypal pourtant si pointilleux en affaire, n’a pas coupé les comptes de l’entreprise.

Un travail de la commission européenne en cours ?

D’après les bruits de couloirs numériques, un groupe de travail émanant de la commission européenne serait en cours pour étudier les prestataires annexes au piratage. En mars 2015, Fleur Pellerin alors ministre de la culture, annonçait vouloir s’en prendre au portefeuille des sites pirates. Bruxelles a par ailleurs ajouté à son agenda une étude sur les plateformes internet, notamment pour leur donner plus de responsabilités malgré leur statut d’hébergeur.

 Stéphane de Sakutin (AFP)

Fleur Pellerin, par Stéphane de Sakutin (AFP)

Les premiers effets de cette étude sont-ils en train de se faire sentir ? Nous avons appris que les prestataires de paiement des seedbox/débrideurs (tel Rentabiliweb), se voient demander des statistiques sur les comptes de leurs clients. Une première étude avant une législation européenne ?

La suite des événements sera à surveiller de près. La fermeture des comptes bancaires ne signera probablement pas la fin de ces services (seulement une augmentation des prix par la baisse des marges) ; si les prix des seedbox rendent plus difficile le paiement par audiotel, les débrideurs passeront facilement la crise. Mais la pression exercée par Mastercard et VISA est la première étape d’un périple où seul le soutien entre les prestataires peut laisser entrevoir un dénouement heureux.

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À propos de l'auteur

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4 commentaires

  1. Bonjour

    Je confirme les seedboxes ne sont plus à l’abris j’ai une seedbox chez un de ceux cité dans l’article et ils ont eu une plainte en rapport avec un torrent que j’ai dl malgré que la seedbox est sous ip étrangère, donc dédibox et autre je me méfierai tout autant.

  2. Si ces services venait à disparaître, il resterai les VPS / Serveur dédié. Après tout le meilleur moyen de se cacher, c’est au milieu des services légaux 😀

    • NW Team

      C’est sûr ! Mais on va couper l’accès à beaucoup d’utilisateurs débutants qui ne savent pas paramétrer ce type de serveurs. Sans compter qu’un débrideur nécessite d’être maintenu par un prestataire.
      Et les seedbox fait maison mais hébergées en France seront la prochaine cible.

      • c’est peut être ça aussi le fond du problème, si les seedbox et consort était resté dans un périmètre limité de celui des vrai geeks (pas les geeks facebook -> cf old school), on aurait pas ce genre de problème … à force de vouloir tout démocratisé, on se prend le coup de bâton …