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Interview d’Optix de Newsoo : les newsgroups à la française

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Après l’interview du premier débrideur français (Lire : Interview de Real-Debrid) et d’un service aussi prometteur que jeune (Lire : 5 questions au créateur de Torrent2DDL) nous rencontrons aujourd’hui l’entrepreneur à la tête de Newsoo. Cette entreprise s’est lancée avec succès sur le marché des newsgroups depuis un an, pour nos lecteurs ne connaissant pas encore ce protocole de téléchargement cette interview est l’occasion de le connaitre de la meilleure manière qui soit, c’est-à-dire de l’intérieur. Les newsgroups est un protocole d’échange de messages dans une communauté, principalement utilisé pour les forums avant l’apparition de la forme moderne de ses derniers. Depuis quelques années le protocole connait un regain d’intérêt pour l’échange de fichiers, notamment en France grâce aux grandes vitesses qu’il propose, mais aussi, car il n’est pas concerné par HADOPI. Pour utiliser les Newsgroups, il faut un abonnement auprès d’un fournisseur Usenet, comme Newsoo.

En introduction vous pouvez lire notre tutoriel sur le fonctionnement des newsgroups

1- Bonjour Cédric (plus connu sous le pseudo Optix) pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Quel est votre parcours scolaire et professionnel puis votre expérience entrepreneuriale et warezien ?

 Bonjour ! Cédric, 25 ans, alsacien de pure souche, passionné par l’entrepreneuriat et le partage.

Mon parcours est assez atypique, dans la mesure où mon vrai métier est comptable dans une brasserie. Beaucoup pensent que je suis ingénieur… Mais non. J’ai fait mes études dans la gestion et la finance en gardant l’informatique à côté, en autodidacte. J’ai aussi fait un peu de droit, bref, j’ai touché un peu à tout durant mes études.

 Et si l’on remonte encore plus loin en arrière, j’ai toujours été passionné par la programmation et j’ai appris sur le tas. C’était une façon pour moi de m’exprimer, d’échanger, de partager et de créer des choses nouvelles. C’est comme cela que j’ai contribué à de nombreux projets de près ou de loin.

À force de participer à des projets qui ferment et dont le contenu a été à chaque fois supprimé pour recommencer à chaque fois de zéro, c’est là que le déclic des newsgroups m’est venu, car le réseau Usenet a le pouvoir de résister aux fermetures.

2 – Vous avez crée Newsoo il y a de cela plus d’un an. Qu’est-ce qui a motivé le lancement sur ce secteur moins populaire que les torrents en France, et surtout beaucoup plus complexe (financièrement et techniquement) que la création d’un prestataire de seedbox par exemple ?

En 2013, on se lance comme simple revendeur Usenet. Juste histoire de tâter le terrain et de voir si la sauce prend ou pas. Et si, on est encore debout, c’est que c’est bien le cas. Mais, la sauce a tellement pris que je voyais que mon fournisseur avait du mal à suivre notre rythme : la hausse du débit qui se tasse sur les factures et quelques tickets qui me remontent le problème. Et en tant que comptable, je savais aussi que vu les prix, il fallait tôt ou tard monter notre propre réseau pour casser les prix et sortir de ce système de rente.

En 2014, je fais le tour des opérateurs d’opérateurs. Après plusieurs devis qui ont de quoi provoquer un arrêt cardiaque, j’ai rencontré Samuel de l’association Rezopole. Rezopole est la structure qui gère des points d’échanges de trafic Internet (GIX ou IXP) en région, une grosse multiprise où les opérateurs viennent se brancher. Rezopole gère notamment LyonIX… à Lyon. Son boss, Samuel, a compris nos contraintes et m’a donné la motivation pour booster mon projet. J’ai obtenu des contacts formidables et une formation d’ingénierie réseau pour savoir gérer un routeur. En 2 jours, me voilà ingénieur télécom et prêt pour Internet ! Pour rappel, je suis comptable à la base. La Banque Publique d’Investissement (BPI France) et le CIC nous font confiance et rejoignent l’aventure. C’est là que j’ai vraiment eu conscience que, ça y est, la machine est lancée.

 D’ailleurs, mon plus beau souvenir est le moment où je me branche sur le point d’échange d’Amsterdam (AMSIX) qui est crucial pour mon activité pour échanger avec mes confrères. Ma venue est annoncée par email aux 600 opérateurs branchés dessus et dès les premières minutes, j’ai obtenu des dizaines de demandes de peering de toute la planète !

Et petit à petit, on roule notre bosse dans cet univers, toujours en partageant avec le public. 2014 est donc une année de transition et de prise d’indépendance.

Aujourd’hui, au fur et à mesure, on se rend compte de toute cette masse d’argent qui part hors de nos frontières et le fait de reverser de plus en plus de TVA à Bercy est une sorte de victoire pour moi. Cela montre qu’on réussit à conserver de la valeur au sein de notre territoire.

Enfin, l’Usenet est cher. J’ai pour ambition de casser les prix pour rendre Usenet accessible à tous et brasser un maximum de trafic au sein de notre territoire. Il y a largement moyen de casser les prix par 2 ou 3 tout en restant rentable. C’est déjà le cas pour nos tarifs professionnels à destination des revendeurs. On a tenté de nous en empêcher d’ailleurs, ce n’est que le début.

3 – Le pari de se lancer dans les newsgroups en France paraissez risqué, notamment suite aux charges lourdes pesant sur les entreprises, mais aussi à cause d’une réputation législative beaucoup moins permissives que les Pays-Bas (pour ne citer qu’eux). Il semblerait qu’au bout d’un an au moins des arguments s’avèrent totalement faux ?

En France, il n’y a pas de DMCA ou de Notice Takedown. Il y a en revanche une transposition dans notre législation, nommée la LCEN, qui ressemble à ce qui se fait ailleurs. Mais la différence, c’est qu’il y a une notion qui protège le diffuseur de contenu. En effet, le demandeur doit d’abord s’adresser au posteur, avant de s’adresser à nous, et il est possible de faire une contre-notification. Donc ce n’est pas à sens unique.

On rajoute à cela, le fait que l’on protège très bien nos données personnelles avec la CNIL en France. Du coup, cela rend plus difficile l’identification d’un abonné, qui n’est possible que lors d’une instruction judiciaire (donc déjà il faut faire quelque chose de très grave pour en arriver là). Un acteur privé (une association) ne peut pas obtenir cette identification de chez nous pour notifier le posteur.

Et enfin, en France, un email n’a aucune valeur juridique. Seul un courrier recommandé et un fax (avec accusé de réception) constituent une valeur légale pour les professionnels. Nous n’avons pas de fax, donc il ne reste que le courrier recommandé. Nous ne traitons donc aucun email, clairement.

Du coup, pour obtenir la suppression, il faut avoir l’ensemble des prérequis demandés par la LCEN et faire travailler nos facteurs. À 4-5€ le courrier, il faut bien s’assurer que la notification soit parfaite.

Et si l’on considère le fait que la CNIL nous oblige à identifier toute personne qui contribue à la diffusion d’un contenu… Rien n’est prévu pour ceux qui ne font que consulter des articles sur le réseau. Par conséquent, nous n’enregistrons pas l’activité des téléchargements, seulement les allées et venus en début de session (impossible pour nous de savoir ce que vous avez lu ou pris, juste que vous êtes venus tel jour, telle heure avec 1 Mo de trafic). D’ailleurs, chaque abonné pourra accéder à ses journaux de connexions et d’activité en janvier 2015.

4 – Vous faites preuve d’une communication très proche de vos utilisateurs (notamment à travers les forums et les réseaux sociaux) n’hésitant pas à expliquer vos résultats financiers, mais aussi à ne pas minimiser les difficultés techniques auxquelles le service est confronté. Avec le recul, cette stratégie est-elle judicieuse ?

Bâtir un réseau, ça n’arrive pas tous les jours, ça demande des moyens considérables sur le plan humain et financier. Là, on va bien au-delà de la simple location de serveurs, et on assiste vraiment à la naissance d’un opérateur à part entière. Pour moi, il me semble naturel de partager cette évolution avec nos abonnés et même avec tout le monde avec beaucoup de photos. Il faut montrer que notre projet est viable et qu’on ne reste pas les bras croisés alors qu’on enregistre plus de 10% de croissance chaque mois. Dès que la trésorerie le permet, hop une nouvelle machine, ou un nouveau routeur, etc.

Après, les difficultés-là aussi, il faut aussi en parler, car on ne grandit pas comme on le voudrait, sinon, ce serait trop simple et tout le monde se lancerait. Un projet ou une entreprise sans difficultés, ça n’existe pas. Je veux montrer aussi aux personnes pourquoi le monde des newsgroups est si difficile et du monde des télécoms fermé en général. Je vais même jusqu’à dévoiler nos coûts pour montrer qu’avec notre croissance, on essaye d’en faire profiter notre territoire en prenant des fournisseurs locaux et des opérateurs nationaux.

Du coup, oui, la stratégie est judicieuse, car j’ai obtenu des retours positifs, aussi bien d’utilisateurs que d’opérateurs qui me conseillent pour nous améliorer. Nous avons même été repérés par un grand FAI français. Cela conforte surtout nos abonnés qui n’hésitent plus à s’engager sur de longues périodes, maintenant que le train est en marche.

Lokan (à droite) célèbre hi-tech rendant visite à Newsoo et Optix

5 – Newsoo sonne très franco-français, la communication est exclusivement francophone idem pour le site web. Cette décision est pour le moins étonnante dans le marché actuel des services dématérialisés, il y a une contrainte justifiant ce manque d’agressivité envers l’énorme marché mondial ?

La contrainte est financière. Grandir trop vite, c’est brûler du cash trop vite jusqu’à ne plus en avoir pour continuer à suivre la croissance. Rien n’est plus grave que de voir son réseau rougir de plus en plus et ne pas avoir la trésorerie pour y faire face. Du coup, les abonnés partent. Et si la banque voit une croissance qui ralentit, elle donnera encore moins de cash.

Il vaut mieux commencer petit et à chaque palier de franchi, il faut communiquer. Communiquer sur quelque chose de trop gros au début, qui nous dépasse humainement et financièrement pour fermer 1 an après, ce n’est pas la bonne solution. Là, nous avons un bon équilibre et une montée en régime que l’on peut contrôler à peu près. On s’aperçoit que le lien AMSIX rougit un peu trop, très bien, nous l’allons l’upgrader pour avoir davantage de capacité, livré sous 4 semaines.

Après, la France est un pays particulier qui nécessite beaucoup d’attention. Notre pays a pris énormément de retard sur le développement d’Internet (Paris brasse 10x moins de trafic que Francfort ou Amsterdam) vu qu’on a hérité du Minitel avec la mentalité qui va avec. Du coup, les coûts ne sont pas pareils, les mentalités non plus (les FAI français ne nous laissent pas facilement nous brancher sur leur réseau pour joindre leurs abonnés).

Si on arrive déjà à gérer notre cas correctement, après seulement, on pensera à l’international sérieusement.

6 – Certains amateurs de Newsgroups reprochent sa médiatisation, prétextant que cela contribuera à sa chute. Cette médiatisation est, au contraire, favorable à votre croissance, qu’avez-vous à répondre à leurs arguments ?

Les newsgroups reposent sur le protocole NNTP. Un protocole qui décrit techniquement avec une extrême précision, comment le contenu doit se diffuser sur le réseau pour qu’il soit à la fois global et décentralisé.

C’est justement ça la force des newsgroups : le réseau est maillé de telle sorte à résister à la défaillance d’un fournisseur. Si un confrère a un problème, pas de problème, on retrouve à peu près le même contenu chez un autre.

À l’image du protocole HTTP, il y a des possibilités immenses. À la base, HTTP permet de véhiculer des pages web. Maintenant, on y transporte de la vidéo, du son. Et demain ?

Eh bien pour le NNTP c’est pareil, on y véhicule de messages, du binaire et demain ? Avoir un réseau global qui résiste aux défaillances, c’est juste génial pour la sauvegarde de nos données par exemple. C’est justement le manque de concurrence et de démocratisation qui masque ces possibilités.

Nous avons une API qui permet de récupérer les statistiques d’un compte utilisateur, comme le volume de download et d’upload. Cela permet déjà de créer un écosystème autour des newsgroups, sans risquer de chute et de perte des articles, car ils sont toujours disponibles chez d’autres.

7 – Depuis peu vous êtes fournisseur Tier-1 (au lieu d’être revendeur Newsoo est maintenant maitre de son réseau et stocke lui-même ses données), qu’est-ce qui a motivé cette décision ? Mis à part Free quels sont les autres fournisseurs de Newsgroup Tier-1 en France ?

En fait, ce qu’il s’est passé, c’est que des géants du secteur n’aiment pas nos prix. Ils sont bas OK, mais surtout qu’on arrive à dégager de la marge pour se développer à côté, pour eux c’est totalement inacceptable. Que font-ils ? Ils rachètent mon fournisseur et me proposent un nouveau contrat où les prix sont triplés.

Le contrat a été rompu et nous sommes vraiment devenus Tier-1 en 48h (le temps qu’on nous a donné pour dégager). Désormais toutes les connexions sont reçues sur Strasbourg, sur une infrastructure qui n’était pas encore prête à cette éventualité. C’était très sport.

A partir de maintenant, nous sommes (non sans mal) le premier fournisseur Usenet Tier-1 de France.

Free stocke environ 25 To d’Usenet, nous en avons 160 To actuellement. Nous sommes donc 6x plus gros en rétention qu’un grand FAI national. C’est une petite fierté pour nous.

Après, il existe d’autres Tier-1 comme la fédération FDN, le CERN et des universités sur le réseau Renater qui ont leurs propres serveurs NNTP (protocole des newsgroups), mais ils ne stockent pas de binaire à ma connaissance. En effet, les binaires représentent des volumétries de malade : une journée d’Usenet complète cela représente entre 5 et 10 To. Par jour ! Il faut donc des moyens considérables et mutualiser ses coûts.

Pour stocker autant de données, je voulais que Newsoo soit posé ici, à Strasbourg. Pour être proche en cas d’intervention (le datacenter est à 10 min de mon domicile), et aussi pour montrer qu’en Alsace, on sait faire autre chose que de la binouze et des saucisses, hein ! J’assume le fait d’aller à contre-courant de la centralisation (car beaucoup m’ont incité à être sur Paris pour profiter d’un mégabit pas cher), et aujourd’hui, finalement le mégabit n’est plus si cher que ça, car justement, on a aussi du volume maintenant. Newsoo va prochainement se raccorder avec un ami à Lyon pour peerer avec SFR, Numericable et Bouygues Telecom pour encourager le peering régional.

Au niveau de la place, pour 2014, Newsoo occupera la moitié d’une armoire (ou baie) avec une consommation énergétique de seulement 1.5 kW (grâce aux processeurs basse conso Intel Haswell). Pour être à l’aise, il nous faut occuper 10 armoires complètes.

8 – Ce changement ne risque-t-il pas de mettre en péril l’avenir de Newsoo ? Les difficultés techniques associées n’ont-elles pas des répercussions négatives sur votre nombre d’abonné ?

Au contraire, si on avait suivi les autres revendeurs en acceptant le nouveau prix, là oui, Newsoo aurait été en péril. On a eu la bonne idée d’avoir monter une petite infrastructure, autant l’utiliser. Après, c’est sûr qu’une infra qui avait l’habitude d’accueillir 100 connexions en pointe et qui doit en gérer 10x plus d’un coup n’est pas sans conséquence. Dans l’absolu, il est fréquent d’avoir des difficultés quand on cherche à devenir indépendant.

Les difficultés nous font perdre des plumes d’un côté, mais de l’autre, à chaque fois qu’on arrive à se sortir d’une mauvaise passe, on a une nette progression des ventes juste après qui vient effacer ce qu’on vient de perdre. À cela se rajoute un effet d’apprentissage, car gérer un réseau Usenet, il n’y a pas de documentation faite pour ça.

Actuellement, nos difficultés se situent au niveau du réseau, car nous devons passer sur des ports 10 Gbps. Mais il faut le faire sur toute la chaîne avec mes partenaires, donc ça prend tout de suite nettement plus de temps.

Vu qu’un gros essaye de nous couler, on a un peu de mal à anticiper ce qui peut nous tomber dessus et on était loin de penser qu’il fallait augmenter nos capacités aussi rapidement. D’où les délais longs, car je prends mes partenaires de court.

Les fameux WD Red de 6 To déjà chez Newsoo

9 – Le passage en Tier-1 va se répercuter concrètement de quelle manière pour les utilisateurs ?

Clairement, une bien meilleure disponibilité des articles. Le nom de Newsoo circule rapidement sur les réseaux dès lors que mes confrères commencent à supprimer promptement du contenu frais. On a déjà vu des soirées où nous avons eu des pics et une volumétrie inhabituelle.

On peut rajouter à cela que nous rémunérons les plus gros FAI pour utiliser des routes prioritaires en soirée pour éviter toute saturation et que nous travaillons avec des partenaires qui publient leurs weathermaps (Ex: http://as-ielo.net/ pour être aussi transparents que possible.

Aussi, être Tier-1 ce n’est pas seulement gagner une maitrise technique, c’est également avoir une maitrise commerciale. C’est cela qui nous permettra l’an prochain de commencer à démocratiser les newsgroups avec une offre illimitée très agressive. Avant de casser les prix, on va s’assurer que le réseau soit stable et qu’on en ait suffisamment sous la pédale pour suivre le volume.

Dans l’immédiat, on va utiliser cette maitrise commerciale pour dédommager nos abonnés qui nous soutiennent malgré nos difficultés. C’est la moindre des choses.

10 – Un avis sur l’affaire Giganews ? Ne craignez-vous pas des dommages collatéraux dans ces affaires qui ébranlent la réputation des newsgroups ?

Giganews et le FBI, c’est juste une affaire de quelques jours et que se passe-t-il ? Les gens vont soit chez d’autres (qui sont, en majorité, américains de toutes façons) ou soit ils restent chez Giganews (car ils ont une très bonne qualité de service quand même). Ça parait idiot, mais c’est ce qu’il se passe quand un marché est contrôlé par quelques gros acteurs qu’on compte sur une main.

Donc non, ça ne craint rien. Ca fait depuis quelques temps que c’est comme ça et a-t-on vu un changement profond sur le secteur ? Non. Si demain, Google fait une énorme boulette sur nos données personnelles hébergées chez eux, ce sera exactement pareil.

11 – Pour conclure qu’elle est la situation actuelle de Newsoo, arrivez-vous à en vivre ? Quels sont les changements en cours ou à prévoir ?

Newsoo est rentable. On arrive à dégager des bénéfices et du cash. Grâce à cela, les banques nous suivent, nous prêtent de plus en plus, la confiance grandit, les investissements s’accélèrent. Je ne suis pas payé pour Newsoo (j’ai déjà un salaire vu que je travaille à plein temps), mais il est clair que je ne ferais pas autant d’effort si Newsoo était en déficit chronique. Je suis très fier que Newsoo puisse attirer autant de curiosité, de gens qui veulent investir, des abonnés qui en veulent toujours plus pour nous challenger un peu…

Pour les changements, dans l’immédiat et à court terme, la priorité est l’infrastructure. Pas de salaire, pas de cotisations, pas d’expert comptable, pas de marketing, bref, le prix que payent les abonnés, c’est uniquement du réseau derrière. Il faut qu’on grossisse pour arriver au plus vite au même niveau que nos concurrents avec une rétention correcte.

Pour gérer cette priorité, nous tablons sur un retour de la stabilité de Newsoo début 2015. Car nous avons encore beaucoup de travail à réaliser sur nos logiciels (faits maison) et sur le réseau avec l’accueil d’un nouveau routeur pour résoudre surtout nos pertes de paquets et accompagner nos besoins en débit qui grossissent.

Ensuite, grosse nouveauté, Newsoo va s’associer au FAI FTTH régional : K-Net. Un FAI a des fibres très utilisées en download, mais l’upload reste généralement vide. Sachant que le patron, Frank, est quelqu’un de formidable, avec qui je m’entends à merveille, avec la même philosophie, on s’est dit : mais pourquoi payer des trucs en double ? C’est débile ! Il faut mutualiser nos réseaux.

Dans l’urgence, K-Net viendra chercher dans les prochaines semaines, notre trafic à destination de SFR, Numericable et Bouygues, ici à Strasbourg, et le réacheminer à travers son réseau pour le déverser sur Lyon (où sont branchés ces FAI). Dans quelques mois, nous aurons une grande boucle européenne de fibre optique de x*10 Gbps pour arroser toute l’Europe. Elle servira pour Newsoo bien évidemment, et aussi aux abonnés du FAI K-Net, qui sont actuellement à 100Mbps, mais plus pour longtemps.

Pour donner une idée des économies, transporter 1Gbps entre 2 villes, ça coûte 500€/mois. Monter à 10Gbps, ça coûte… 1500€ ! Imaginez, multiplier le débit par 10x et la facture est seulement triplée. Et maintenant imaginez avec nos 2 réseaux mutualisés : on divise par 2 la facture !

Enfin, nous sommes en discussion avec un grand FAI national pour l’intégration des newsgroups au sein de leurs abonnements Internet. Vu la volumétrie de malade que ça représente, on n’est pas pressé (pensez à cette histoire de grossir trop vite).

12 – Un dernier mot ? Peut-être un message pour nos lecteurs (peut-être futurs abonnés).

Si vous êtes de passage en Alsace, n’hésitez pas à nous faire un petit email pour demander une visite du datacenter qui couve nos équipements. Je serai ravi de vous présenter en personne les machines avec lesquelles vous parler 🙂

On pourrait en profiter aussi pour descendre quelques bières car c’est un sujet qui est très passionnant que de construire un bout d’Internet. Mais il est temps de finir ici et de me remettre au travail. Newsoo est un tel projet que ça nécessite de le raconter par chapitres 🙂

Et pour ceux qui veulent aussi monter un projet, ne reculez devant aucune difficulté. C’est justement le fait de les affronter et les gérer qui rend votre projet viable et différent par nature. Même si ça parait un projet fou aux yeux des autres, suivez l’instinct et apprenez si nécessaire !


Nous remercions Optix d’avoir répondu à nos questions dans cette interview fleuve fort intéressant. N’hésitez pas à le suivre sur Twitter, et restez connecté sur NextWarez beaucoup d’articles sont prévus pour cette fin d’année.

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À propos de l'auteur

NW Team

C'est le compte de la NextWarez Team qui vous offre de nombreux articles et conseils fort d'une expérience longue de plusieurs années.

8 commentaires

    • NW Team

      Bonjour,

      Il faut savoir qu’Optix a eu la gentilesse de nous répondre très vite, quand on sait le masse de travail à abattre pour Newsoo actuellement et que l’on voit la longueur de son texte, on peut être compréhensif !

      Merci quand même du signalement

  1. Big Up à toutes l’équipe de Newsoo et surtout bonne continuation.!!!!

    « Je n’ai jamais rien entrepris en pensant à l’échec » Dale Carnegie