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Une société anti-piratage manipule les DMCA de Google ?

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La lutte contre le piratage est un marché comme un autre où la concurrence fait rage. La dénonciation des liens pirates à Google, dans le but de leur déréférencement, est un secteur en plein essor, puisque le système vient de toucher son millionième site internet. Parmi les acteurs de ce marché, un certain Rivendell, aurait tendance à dénoncer de faux liens pour conserver sa place de numéro 1 ?

Le marché de la dénonciation DMCA

Pour lutter contre le téléchargement illégal, Google permet aux ayants droit de leur communiquer l’adresse de pages web offrant un accès non désiré à leurs œuvres. Une fois ces pages pointées du doigt, Google va les déréférencer après un rapide contrôle, ou automatiquement si les sites sont blacklisted (suite à des actions de piratage répétitif). Les ayants droit font appel à des prestataires pour dénoncer les liens au système DMCA de Google.

Rivendell leader mondial de la lutte antipiratage sur Google

La firme de Moutain View laissant un accès totalement libre aux données de ces plaintes, il est possible de voir les prestataires les plus actifs en termes de lutte contre le téléchargement. La première de ces entreprises antipiratage est Rivendell  avec presque 300 millions d’URL supprimées. L’entreprise s’en vante d’ailleurs sur son site internet : « World Leader on Google’s transparency report for removal illegal links ». Au regard de ses clients, cette société est française.

De fausses déclarations ?

En regardant de plus près les pages web dénoncées par Rivendell, on s’aperçoit de nombreuses dénonciations de pages du proxy unblocksites.co (9 millions). Or ce même proxy n’a pas ses pages référencées sur Google. Comment Rivendell a-t-il pu dénoncer des pages introuvables sur Google ? D’autant plus que demander le déréférencement de pages non référencées sur le moteur de recherche n’est qu’une perte de temps.

La plupart des sites visés par Rivendell n’existent plus depuis longtemps

Après quelques recherches, il semblerait que Rivendell dénonce au système DMCA de Google des pages inexistantes ou inaccessibles. Tous ces sites ont pour point commun d’être dans la « blacklist » de Google qui les déréférence automatiquement. La combine est simple : dénoncer les URL, même inexistantes, d’un site sur blacklist pour augmenter son quota d’URLs déréférencées. Ainsi Rivendell se retrouve en tête des organisations demandant la suppression de contenus sur Google, qui ne fait aucune vérification. D’après nos premières estimations, la part de ces fausses déclarations dépasserait les 90%. Les sites étant supprimés (ou non référencés) leurs webmasters ne font pas appel de ces suppressions et les chiffres augmentent constamment. Une belle référence pour s’attirer de nouveaux clients pour une société qui gère déjà la protection de la SACEM, de Canal +, L’Équipe, Viacom, Wild Side Studio et d’autres grands noms.

Qui est Rivendell ?

Pour mieux comprendre ce qui semble être une énorme supercherie, nous nous sommes rendus sur le site de Rivendell afin d’en apprendre un peu plus. Les informations y sont très minces, aucune mention légale ou autres qui pourrait permettre d’identifier les personnes derrière cette entreprise, ni même l’entreprise elle-même. Mais en quelques recherches, on en retrouve la trace sur le profil Linkedin du fondateur de LeakID : Rivendell y est présenté comme un partner. LeakID est une société antipiratage française qui avait fait scandale en faisant déréférencer à tort une page Wikipédia pour le compte de Microsoft. Suite à cette erreur, Leakid avait présenté ses excuses publiquement, annoncé modifier ses méthodes de travail et perdu Microsoft, son plus gros client.

Plusieurs raisons laissent à penser que Rivendell est juste la nouvelle enseigne de LeakID qui a dû faire oublier son ancien nom trop associé au scandale Wikipédia. Le nom de domaine de Rivendell a été enregistré le 26 décembre 2013, moins de 3 mois après les excuses publiques de LeakID. D’ailleurs, Rivendell se vante sur son site internet d’exister depuis 9 ans (pour un nom de domaine enregistré il y a 4 ans), exactement la date de création de LeakID. Nous avons décidé de contacter ces deux entités pour en savoir plus. Mais si cette affaire se confirme, ce serait la preuve d’une énorme défaillance dans le système DMCA de Google, exploitée de manière malhonnête.

9 ans d’existence officiellement

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